Parodontologie

Greffe épithélio-conjonctive : renforcer la gencive autour des dents ou des implants

3 min de lectureMis à jour le 25 septembre 2026
Illustration d'une greffe épithélio-conjonctive de gencive

La greffe épithélio-conjonctive est une technique de chirurgie muco-gingivale dans laquelle un petit fragment de gencive comprenant l’épithélium et le tissu conjonctif sous-jacent est prélevé, le plus souvent au palais, puis transféré sur une zone qui manque de gencive kératinisée.

On parle également de greffe gingivale libre.

À retenir

  • Son objectif principal est souvent d’augmenter la quantité de gencive kératinisée et résistante.
  • Le greffon est généralement prélevé au palais.
  • Elle peut être indiquée autour de dents naturelles ou d’implants.
  • Son résultat esthétique peut être moins discret qu’avec une greffe conjonctive enfouie.
  • Toutes les récessions gingivales ne nécessitent pas une greffe.

Pourquoi renforcer une gencive ?

Certaines zones présentent :

  • une gencive très fine ;
  • une faible hauteur de gencive kératinisée ;
  • une récession ;
  • une traction des tissus mobiles ;
  • une difficulté au brossage ;
  • une gêne avant ou après un traitement orthodontique ou implantaire.

Dans ces situations, l’objectif peut être moins de « recouvrir une racine » que de créer un tissu plus stable autour de la dent.

Comment se déroule la greffe ?

1. Préparation du site receveur

La zone où l’on souhaite augmenter la gencive est préparée afin de créer un lit vascularisé.

2. Prélèvement au palais

Un greffon de dimensions calculées est prélevé au niveau du palais.

3. Mise en place et immobilisation

Le greffon est appliqué puis stabilisé avec des sutures ou un moyen de fixation adapté.

La stabilité initiale est importante pour que la vascularisation puisse se rétablir.

Quelle différence avec une greffe de tissu conjonctif ?

La greffe conjonctive enfouie utilise essentiellement le tissu situé sous l’épithélium. Elle est souvent associée à un lambeau ou à une technique tunnélisée pour traiter certaines récessions, notamment dans les zones esthétiques.

La greffe épithélio-conjonctive reste visible en surface. Elle est particulièrement efficace pour augmenter la hauteur de tissu kératinisé, mais sa couleur et sa texture peuvent parfois être différentes de celles de la gencive voisine.

Les méta-analyses contemporaines considèrent la greffe conjonctive associée à un lambeau déplacé coronairement comme une référence pour de nombreuses indications de recouvrement radiculaire esthétique. La greffe gingivale libre conserve cependant des indications très utiles lorsqu’on recherche surtout un gain de tissu kératinisé.

Peut-on la réaliser autour d’un implant ?

Oui, dans certaines situations.

Une quantité insuffisante de muqueuse kératinisée ou une zone difficile à nettoyer peut amener le praticien à envisager une augmentation tissulaire autour d’un implant.

Est-ce douloureux ?

La zone qui gêne le plus souvent les premiers jours est le site donneur au palais.

Une protection palatine peut être utilisée selon le protocole du praticien.

Pourquoi le greffon change-t-il d’aspect pendant la cicatrisation ?

Dans les premiers jours, un greffon peut devenir blanc ou présenter un aspect inhabituel sans que cela signifie automatiquement qu’il est perdu.

Sa vascularisation évolue progressivement. Seul le contrôle clinique permet de juger correctement la cicatrisation.

Et le tabac ?

Le tabagisme est défavorable à la cicatrisation parodontale et est associé à des résultats moins favorables de nombreux traitements muco-gingivaux.

Sources et références

Ces informations sont générales et ne remplacent pas un examen clinique ni un avis personnalisé. Le diagnostic et le choix d’un traitement dépendent de chaque situation.

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